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Fév 08 2018

Bilan à mi-parcours de la Campagne pour la libération des prisonniers politiques Prisonniers #OnNeVousOubliePas

Bilan à mi-parcous campagne PP(1)

La contestation des processus électoraux (Référendum 2015 Election présidentielle 2016) en République du Congo a eu pour conséquence, la guerre dans le Département du Pool et l’emprisonnement des opposants politiques, dont deux candidats à l’élection présidentielle : le Général Jean Marie Michel MOKOKO et le Député André OKOMBI SALISSA poursuivis officiellement pour atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat.

Tous avaient peur d’aborder ouvertement la question des prisonniers politiques au regard de sa sensibilité. Après quelques années de silence et sans espoir d’organisation de procès, l’OCDH a brisé le silence et a réussi à attirer l’attention des pouvoirs publics et de la communauté internationale sur l’existence des prisonniers politiques et les conditions d’inhumanité de leur incarcération à travers la Campagne « Prisonniers politiques #OnNeVousOubliePas », lancée il y a trois mois.

En ce qui concerne la guerre du Pool, l’OCDH a été la première organisation à dénoncer la répression à « huit-clos » et à demander la fin des hostilités dont les conséquences sont plus visibles au sein de la population civile. L’OCDH a toujours prôné une solution pacifique et a exhorté à plusieurs occasions les autorités congolaises, d’abandonner l’option militaire qui en toute hypothèse ne se justifiait pas. Le 23 décembre 2017, un « accord » de cessez-le-feu et de cessation des hostilités a été signé.

Ayant convaincu certains (Organisations de la société civile, diaspora et citoyens en général) de rejoindre l’initiative, une tempête médiatique fut déclenchée. Voilà ce qui s’est passé depuis lors :

 A ce jour, vous êtes 1.148 à avoir déjà signé la pétition en ligne demandant la libération des prisonniers politiques. Un Ministre important du Gouvernement nous a interpellés juste après le lancement de la campagne. Nous avons vraiment attiré leur attention au-delà des intimidations.

 Nous avons saturé les réseaux sociaux et les lieux publics-ambassades avec nos affiches, vidéos et réussi à mobiliser la presse nationale et internationale qui a fortement communiqué sur cette campagne et continue à le faire. La situation des prisonniers politiques a récemment été abordée en édition spéciale par TV5 Monde avec M. Rodolphe ADADA, ambassadeur du Congo en France : https://www.facebook.com/JTAfrique/videos/1669265039802071/. (édition journal du 19/01/2018) TV5 Monde, une des plus importante chaine de télévision en Europe a interpellé l’Ambassadeur sur le rapport de l’OCDH et sur la campagne « Prisonniers politiques #OnNeVousOubliePas.

 Dans la foulée de cette tempête médiatique, des milliers de personnes ont envoyé des messages aux autorités congolaises pour les exhorter à mettre fin à l’arbitraire contre les opposants et de libérer tous les prisonniers politiques. Le monde entier sait qu’il y a des prisonniers politiques au Congo Brazzaville et suit ce qui se passe.

 Nous avons réussi à mobiliser la communauté internationale, notamment les Nations unies et l’Union européenne avec lesquels nous avons eu des entretiens. Nous avons eu des entretiens avec des diplomates occidentaux les plus influents. Nous avons attiré leur attention et notre message était bien noté.

 Nous avons reçu plusieurs appels téléphoniques des services de sécurité en rapport avec la campagne « Prisonniers politiques #OnNeVousOubliePas. Cela montre à quel point cette campagne est suivie et mobilise même les services de sécurité.

 Le 30 novembre 2017, des journalistes ont été agressés et leur matériel confisqué alors qu’ils souhaitaient uniquement couvrir la conférence de presse des avocats du prisonnier politique et candidat à l’élection présidentielle #André OKOMBI SALISSA. Donner une voix à ces prisonniers politiques semble déranger.

 Nous avons noté la libération de façon toute aussi arbitraire d’une dizaine des prisonniers politiques dont le tout dernier à être libéré, est le colonel Marcel MPIKA, le 29 décembre 2017, après deux (2) ans de détention arbitraire. Le colonel Marcel MPIKA a soutenu la candidature du Général Jean Marie Michel MOKOKO. Nous avons montré que la libération de ces prisonniers politiques n’est qu’une question de volonté politique.

 Alors que le Congo Brazzaville est en négociation d’une éventuelle aide du Fonds monétaire international (FMI) au regard de la crise financière qui frappe le pays, nous avons à plus de deux fois, au cours des réunions avec la délégation du FMI montré le risque d’une aide financière dans un contexte politique délétère. La libération des prisonniers politiques et la résolution pacifique de la crise du Pool sont des sujets préalables qui doivent entre autres être abordés avec les autorités congolaises. Nous avons l’impression d’avoir été écoutés.

 Jamais le Chef de l’Etat, Denis SASSOU NGUESSO ne s’était prononcé sur la situation des prisonniers politiques. Juste avant son discours de fin d’année (2017), OCDH a envahi les réseaux sociaux en demandant au Chef de l’Etat de se prononcer sur l’injustice dont sont victimes ces prisonniers politiques.

 Dans son discours du 30 décembre 2017, le Chef de l’Etat a reconnu l’arbitraire de leur détention en ces termes : « … des citoyens actuellement en garde à vue prolongée… au terme des scrutins référendaire et présidentiel… ». Il a appelé ensuite à l’organisation d’un procès courant le premier trimestre de 2018. Les choses bougent. Le monde en parle.

Tout ceci ne serait pas atteint sans vous. Toute notre gratitude pour le chemin que nous avons fait ensemble. Restons mobilisés jusqu’à ce qu’il ne reste aucun prisonnier politique en détention. GARDONS LES YEUX OUVERTS !!!

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